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Venez fouiller le sac de l'Ancien, un vrai bazar !! On y trouve de tout !
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par Akaelyn
#531344
Djulé djulé,

Dans ce sujet je vais vous présenter un projet d'écriture qui dure depuis quelques années nommé « Agence Cooki ». Pour les personnes familières avec mon style d'écriture (cf. le Maître des Testeurs), sachez qu'il sera assez similaire et que s'il vous a plu précédemment, il continuera de vous plaire à travers ces écrits (source : Ponyo666).
L'univers de l'agence Cooki est assez développé, que cela soit au niveau des personnages ou de l'environnement dans lequel ils évoluent donc il m'arrivera de temps en temps de faire des hors-sujets & focus sur un point du contexte pour vous le faire découvrir en détail (exemple : présentation détaillée de la ville, du fonctionnement de l'agence, des personnages principaux avec des images).
J'essayerai de poster toutes les semaines un bout (on va se dire le dimanche soir). Je vous remercie d'avance pour vos avis & remarques, ce projet est encore au stade d'ébauche dont modifiable en fonction de vos critiques (pas entièrement mais par exemple si des structures de phrase dérangent, si des descriptions vous paraissent sous-développées).
Doubles posts autorisés dans ce sujet s'ils sont de moi.


Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse avec le début de l'histoire.

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Liste des chapitres
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Bonus - Organigramme de l'Agence Cooki
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C H A P I T R E - 1

« Croyez-vous aux contes de fées ? » D’une naïveté presque touchante, la question en aurait fait sourire plus d’un. C’était l’une de ces questions qu’aucun individu sensé ne s’était posée un jour. Et pourtant, c’était bien ces mots qui étaient inscrits tout en bas de la lettre de recrutement. Ethan avait maintes fois relu la question et peu importe dans quel sens il la tournait, celle-ci avait toujours la même réponse. Immuable. On pouvait traduire conte de fées de deux façons différentes. Pour les uns, un conte était un récit merveilleux, ponctué d’évènements surnaturels voire miraculeux que l’on racontait aux enfants pour éveiller leur imaginaire. Pour les autres, un conte était un rêve éveillé, que leur vie se déroule de manière harmonieuse et belle en compagnie des personnes qu’ils chérissaient le plus au monde. Ethan eut un rictus et froissa la lettre. Conneries. Dans les deux cas.
***
Il était presque onze heures lorsque son train arriva en ville. Ou plutôt à côté puisque l’une des principales caractéristiques de Chantilly était d’avoir une gare totalement excentrée, à l’orée de la forêt. Cela lui donnait un côté presque pittoresque. Et définitivement non pratique lorsqu’on débarquait avec plus de deux valises. Heureusement pour lui, Ethan n’avait jamais été très matérialiste : un sac de sport suffisait largement pour transporter tout ce qui était précieux à ses yeux. Vous vous demandez peut-être ce que faisait le jeune homme ici, à attendre le passage de la navette vers le centre-ville. En réalité, lui-même ne savait pas non plus. Il avait froissé, déchiré, jeté cette fameuse lettre de recrutement. C’étaient des conneries, il le savait. Pourtant dans son lit, il n’avait pu trouver le sommeil. Des conneries. Un espoir ? Il s’était pourtant fait une raison en quittant cette ville maudite. Et voilà qu’il y retournait, de son plein gré en plus ! Ethan Cooper, la seule connerie ici c’est la tienne. Peut-être qu’Astrid avait raison finalement. Plus on fuyait son passé et plus celui-ci nous rattrapait immanquablement.
Le trajet parut interminable pour Ethan qui, d’ordinaire calme, ne cessait de trépigner sur son siège. Le bus était désert hormis une petite vieille et son caniche, le genre de personne qui piquait une crise lorsqu’on piétinait ses pétunias. Dès que les premières maisons des beaux quartiers apparurent, le jeune homme ne tint plus et descendit de la navette. Il continuerait à pied, il avait besoin de bouger. Le quartier de la Madeleine était l’un de ces beaux quartiers où il était agréable de s’y promener. Peu de voitures, des jardins aménagés. Un décor suintant la superficialité et le paraître. Plus jeune, Ethan s’était déjà rendu dans le coin pour y semer la terreur avec sa bande de potes, à coup de sonnettes à l’arrache et de chien détruisant des pelouses entières. La belle vie.
Au détour de la rue Saint-Jean, une bâtisse commençait à se distinguer de ses voisines. Déjà parce qu’elle était dans un style plus ancien, avec ses pierres apparentes et sa jardinière d’alizées rouges, en rupture avec les maisons avoisinantes plus modernes. Ensuite parce qu’elle présentait une jolie enseigne calligraphiée, « Les biscuits de Mère-Grand ». Et enfin parce que cette boutique faisait partie d’un immense bâtiment de plusieurs étages en forme de C, aux haies infranchissables et au portail hermétiquement clos. Quand Ethan était encore un enfant, il venait parfois ici avec ses parents, acheter des cookies. Mais il n’avait aucun souvenir d’un si grand bâtiment accolé à la boutique. En entrant dans celle-ci, le jeune homme fut frappé de nostalgie. Le parfum discret de cannelle, les vapeurs de thé, les fauteuils vert sapin. Rien n’avait changé. Sauf peut-être la vendeuse, dans son souvenir elle était on ne peut plus souriante. Celle-ci le toisait de haut et lui donnait l’impression d’être un parasite.
- Bonjour, c’pour quoi ? grogna-t-elle
Ethan prit le temps de la jauger du regard avant de répondre. Petit, brune, le regard bleu aussi tranchant que sa voix. Typiquement le genre de personnes infréquentables qu’il n’avait aucun intérêt à côtoyer plus de cinq minutes s’il ne voulait pas finir à se frapper la tête contre un mur. Elle était vêtue d’un jean clair et d’un haut bleu au-dessus duquel venait se poser un tablier brodé aux couleurs de la boutique.
- Recrutement.
Faisant fi de la politesse, il déposa sur le comptoir la lettre de recrutement qui ressemblait plus à une boule de papier informe qu’autre chose tant elle avait été malmenée ces dernières heures. La jeune femme pris le papier et le déplia comme s’il empestait, elle le lut en diagonale et le jeta tout aussi vite. Elle planta alors son regard dans celui, si sombre, du jeune homme.
- Suivez-moi.
Elle tourna la tête vers le reste de la salle où se trouvaient fauteuils et tables basses.
- Red gère la boutique, je reviens.
Une petite rousse surgit de derrière un fauteuil, visiblement affairée à l’astiquer. Joyeuse, les yeux verts rieurs. Tout l’opposé de la brune si glaciale. Sa robe crème lui donnait une apparence très enfantine, bien qu’elle ne semblait de toute façon pas avoir plus de seize ans.
- Je m’en charge Blue ! s’exclama-t-elle en faisant un salut militaire, le regard devenu sérieux n’arrivant pas à cacher la malice qui résidait dans ses yeux
La jeune brune invita Ethan à le suivre en ouvrant une porte au fond de la pièce, dévoilant un ensemble de marches en bois clair. Pas une parole ne fut échangée durant le trajet qui fut relativement court puisqu’au premier étage, la vendeuse tourna à droite jusqu’à une grande porte close. Elle frappa deux fois, attendit quelques secondes puis ouvrit la porte qui donnait sur ce qui semblait être le bureau de Mère Grand.
Mère-Grand.
Dès qu’il la vit, Ethan sut que c’était elle. Une petite vieille au regard vert perçant, les traits sévères et hautains, ses cheveux blancs tirés et relevés en un chignon strict. Elle portait une robe violette ressemblant sans s’y méprendre aux tenues du début du siècle ainsi qu’une ceinture comportant de nombreuses bourses et un trousseau de clefs. Celle-ci l’invita à s’asseoir face à son bureau d’un revers de main. La pièce était à l’image de la patronne : riche, hautaine et sûrement pas du siècle dernier. Les fauteuils étaient en velours brun, le bureau croulait sous les liasses de papiers et un service à thé en porcelaine s’y trouvait également, au cœur d’un plateau en bois lui-même jaugé sur trois classeurs bleu clair. Une délicate fumée s’échappait par ailleurs de l’une des tasses en volutes éparses.
- Vous êtes en retard de deux minutes, sachez que la ponctualité est l’une des règles d’or de cette maison, Ethan Cooper.
Elle fit une pause afin de prendre une gorgée de thé. Si Ethan n’avait pas besoin d’elle, il l’aurait sans aucun doute plantée dans la seconde. Mais Mère-Grand avait la fâcheuse habitude de cerner les gens aussi bien qu’elle cuisinait. Et Dieu savait combien elle avait remporté de prix durant sa jeunesse, si jeunesse il y avait eu un jour. Elle esquissa un demi-sourire, c’est-à-dire que ses commissures se relevèrent exactement de deux millimètres, en fixant le jeune brun.
- Vous êtes une personne à la personnalité intéressante, il n’a pas été aisé de vous retrouver. Je suppose que si vous êtes là c’est que vous avez lu ma lettre : si vous acceptez de travailler pour moi, je me chargerai de vous aider à réaliser votre objectif.
Elle planta son regard acéré dans celui, piqué par la curiosité, du jeune homme. Seul le frottement d’une cuillère en argent contre la paroi de la tasse venait perturber le silence qui s’était imposé dans la pièce.
- Acceptez-vous mon offre, Ethan Cooper ?
Devant le poids de ce regard, Ethan ne sut répondre. Mais la lueur nouvelle qui animait son regard trahissait sa décision. Oui, il l’acceptait. Mère-Grand posa délicatement sa tasse et se redressa. Elle fit quelques pas en direction de la seule fenêtre de la pièce, les mains croisées dans le dos. Au travers de celle-ci, elle aperçut trois de ses agents quittant les lieux, ayant certainement fini leur service. Une rousse, les mains pleines de biscuits invendus qu’il ne fallait certainement pas gâcher et dont elle s’assurerait qu’ils ne passent pas la nuit. Une brune, à l’attitude calme et fatiguée d’avance par les heures supplémentaires qui l’attendaient ce weekend. Et une blonde, pétillante de vie, au regard vert émeraude qui riait autant qu’elle.
- Savez-vous ce que représente le vert, Ethan Cooper ?
Elle fit une pause, observant les trois jeunes filles disparaître au coin d’une rue. Une fine brise fit virevolter quelques mèches blondes derrière le massif de buis.
- Il symbolise à la fois le printemps, le renouveau, la vie. Et l’espoir.
Elle se tourna vers lui.
- Bienvenue à l’Agence Cooki, Agent Green.
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par Ponyo666
#531811
J'aime beaucoup, j'attends le chapitre n°2 avec impatience (soyez pas timides et venez donner votre avis) car c'est vraiment intriguant !! ♥_♥
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par Cetone
#531867
Pas mal du tout, hâte de voir ce que donnera le chapitre 2 !
(Et au fait à la deuxième phrase on devrait dire "sensé" ou c'est moi qui ai mal compris ? :s)
Bonne chance pour l'écriture de la suite en tout cas !
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par Akaelyn
#531878
Yep, pardon pour la faute c'est corrigé ! Et ce qui arrivera demain est la suite du chapitre 1, pas le chapitre 2 :)
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par Akaelyn
#532028
Djulé djulé,
Voici la suite (et fin) du chapitre 1, bonne lecture.

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C H A P I T R E - 1

- Et là tu as les bureaux, ils sont répartis selon ton grade. Ah et au fond ce sont les archives En tant que nouvelle recrue tu n’as pas le droit d’utiliser la salle tout s…
Blablabla. Cette visite devenait inutilement longue pour le jeune homme qui n’écoutait même plus son interlocutrice, une jeune fille aux longs cheveux noirs à la démarche quelque peu hésitante. Agent Black de mémoire. Pourquoi c’est elle Black, ça m’irait mieux à moi. Je me sens trop dark. Le vert c’est vraiment une couleur de merde, aucune crédibilité. Il renifla en réajustant le sac sur son épaule droite, le bruit attira l’attention de Black.
- Oh pardon peut-être veux-tu déposer tes affaires ? Il y a les vestiaires dans cette direction, au sous-sol du gymnase.
Pendant la visite, ils avaient croisé plusieurs agents dont la majorité semblaient de l’âge d’Ethan, c’est-à-dire trop jeunes pour être légalement engagés. Mère-Grand devait être une personne des plus persuasives, voire manipulatrice. Quoique vu le salaire proposé, ou devrais-je dire l’argent de poche mensuel, ce n’était sûrement pas par prétention salariale que toutes ces personnes avaient accepté de risquer leur vie. Peut-être que Mère-Grand faisait en réalité partie de la mafia italienne et détenait en otage des membres de leur famille pour s’assurer de leur fiabilité ? Ethan Cooper tu vas trop loin. Mais il ne négligeait pas cette idée pour autant et la rangea dans un coin de sa tête en se disant qu’il pencherait sur le sujet quand il aurait le temps. Autant vous dire que vu la mémoire olympique du jeune homme, ce fut rapidement oublié.
- Le grade traduit ton accès et ton implication au sein de l’agence, il va de D à A et est indiqué sur ton badge d’accès, c’est grâce à lui que Mère-Grand sait quand on…
Malgré la taille de l’agence, l’organisation de celle-ci était relativement logique et simple à comprendre. Et bien que certaines pièces surprissent le jeune homme comme la salle d’expérimentation pour tester les nouvelles recettes de cuisine, il prit rapidement ses marques. Son adaptabilité était à toute épreuve et il avait pour principe de ne jamais se prendre la tête pour quoi que ce soit.
- … exemple moi je ne suis pas trop à l’aise avec les armes à feu donc je suis dans la catégorie détec…
Mazette, la cafétéria était plutôt grande. Et assez accueillante, il fallait le reconnaître. Plus que celle du collège en tout cas. Il se souvenait surtout de la nourriture atroce qu’on lui servait à l’époque et pria pour que cela ne soit pas le cas ici. Les tonalités de rouge et blanc plutôt pimpantes semblaient inspirées des années 80. Ethan remarqua un petit coin composé de cinq poufs en cuir et nota dans sa tête que c’était un excellent coin pour dormir en toute discrétion.
- … et BOUM à peine je me suis approchée de lui qu’il s’est barré. Tout le monde déteste ce chat, je te conseille d’éviter ce type de mission car c’est une vraie perte de…
Temps, comme cette visite. Ethan n’avait strictement rien écouté, comme à son habitude, il se disait qu’il aurait le temps de comprendre plus tard. Pour l’instant, le plus important restait de juger ses nouveaux collègues. La majorité des gens qu’il avait croisé lui semblait peu fiable. Autant en termes de collègue que de coup d’un soir. Ils arrivèrent ainsi au gymnase où deux agents s’entraînaient déjà. L’une était brune aux mèches mauve pâle, les cheveux attachés, les pieds nus et le regard concentré et se trouvait dans ce qui semblait être une posture d’attaque. L’autre, plus grand bien que plus jeune, avait les cheveux châtains et le regard quelque peu rieur, il tenait un long bâton en bois à deux mains et parait tant bien que mal les attaques de sa camarade. La différence de niveau était sans appel mais le jeune homme persévérait. Jusqu’à se prendre un croche-pied qui l’envoya manger la poussière. Ethan eut un rictus. Si cela avait été lui il n’aurait pas été aussi facilement berné.
- Agent Silver, déclara Black comme pour répondre à la question muette du jeune homme. C’est la numéro deux de l’agence.
Numéro deux signifiait qu’il y avait un numéro un et au grand dam d’Ethan, ils ne le croisèrent pas. Ils se dirigèrent vers le fond du gymnase pour prendre un escalier qui menait aux vestiaires ainsi qu’une salle où était entreposé le… matériel. Tenues de combat, d’escalade, de filature, armes à feu, sabres ainsi que toute une panoplie de différents véhicules de terrain. Le jeune homme poussa un sifflement d’admiration. Ça c’était de l’équipement de première classe. Il laissa ses doigts glisser le long d’un MP5, caressa le kevlar sombre d’un gilet avant de porter son attention sur un ensemble de bâtons lumineux.
- Du coup si tu veux déposer tes affaires tu as un casier là-b…
- Désolé, la coupa-t-il. Je garde ça.
La jeune fille s’empourpra, ne sachant comment trop réagir. Le jeune homme était d’un naturel si déstabilisant.
- Euh d’accord, eh bien si tu as éventuellement des ques…
- Merci.
Le regard froid qu’il lui assénait était sans appel. Il voulait être seul. L’agent Black s’éclipsa donc après avoir sorti les habituelles banalités de politesse qui exaspéraient le jeune homme. Il avait envie de découvrir l’agence à son rythme et de peut-être dénicher des salles qu’on lui aurait cachées à lui, la nouvelle recrue. Il reprit l’escalier, monta de deux étages pour retourner au niveau des bureaux. Il s’arrêta brièvement au niveau du panneau des missions, posant son sac à ses pieds. Chaque mission proposée aux agents était épinglée sur cet immense tableau en liège, la couleur du papier indiquant le grade minimum requis pour la mission. En réalité, les grades indiquaient surtout la fiabilité et le niveau d’un agent. Les missions basiques telles que préparer un gâteau au chocolat pour l’anniversaire de Théo ou retrouver le chat de la mère Michèle étaient de ce fait accessibles à tout le monde, a contrario des missions de filature ou de disparition. Il y avait peu de missions ardues en cours mais peut-être qu’en fouillant les archives il trouverait ce qu’il cherchait. Il se dirigea vers celles-ci mais constata que la porte était fermée et que son badge ne permettait pas de l’ouvrir. Hm, peut-être aurait-il dû plus écouter lors de la visite finalement. Un grand bruit sourd le sortit de ses pensées. Il retourna sur ses pas pour apercevoir une jeune fille blonde aux yeux verts étalée sur le sol avec à ses pieds… Merde, mon sac.
- Tu pourrais faire gaffe où tu mets les pieds, t’as failli le salir, railla-t-il dans toute sa splendeur
La jeune fille, qui se massait le genou, vit rouge. Ses longs cheveux blonds tombaient en cascade sur ses frêles épaules, mises en avant par un pull en cachemire vert scarabée. Une jupe en effet tweed dorée et des baskets blanches venaient compléter l’ensemble.
- Quoi ?! C’est la meilleure ! Qu’est-ce qu’il fout au milieu du couloir déjà ton sac ?! Tu t’es cru où ?!
Appliquant à la lettre le principe du « cause toujours tu m’intéresses », le jeune homme prit son sac et sa carte d’agent qui s’était retrouvée au sol et le remit sur ses épaules avant de partir de sa démarche nonchalante habituelle.
- Réponds quand je te parle !
- Tu m’intéresses pas.
- Abruti !
C’était un grand classique d’Ethan que de s’attirer les foudres d’autrui. Développer des relations amicales, voire juste cordiales, ne l’avait jamais intéressé. Les vociférations de la petite blonde le firent sourire malgré lui tandis qu’il continuait de déambuler dans les couloirs. Il sortit de l’agence par la porte de derrière, désireux de faire un petit tour avant de rejoindre son appartement. Il faisait beau, on était en fin d’après-midi, rien ne pressait. Jouant machinalement avec sa carte, il la lançait et la rattrapait jusqu’au moment où celle-ci tomba au sol. En voulant la ramasser, il se rendit compte que…
- C’pas ma carte putain, pesta-t-il
Eh oui, dans la précipitation il avait ramassé son sac et la carte de la jeune fille. Maelyss Haryn. Ce nom, le même que celui de sa mère, lui fit serrer le poing à s’en blanchir les phalanges. Les souvenirs douloureux affluaient et il souffla bruyamment pour s’en débarrasser, se concentrant sur la carte. Par chance, l’adresse de l’agente était indiquée au dos. Ethan n’avait pas vraiment envie de rendre service à quelqu’un, encore moins quelqu’un dont il venait de se moquer, mais c’était à deux rues d’ici, dans les beaux quartiers, et il préférait s’en débarrasser maintenant plutôt que de laisser traîner les choses. Il se surprit à regarder la carte pendant tout le trajet. Elle était plutôt mignonne, quand elle n’était pas en colère ou en train de mordre la poussière, mais définitivement pas son genre. Trop gamine. L’agent Silver en revanche… ça se tentait. Elle était belle, plus vieille que lui et semblait visiblement s’y connaître en arts martiaux. Le jeune homme s’arrêta devant une maison de taille modeste, au jardin fleuri plutôt bien entretenu. Après un instant d’hésitation, il sonna. La porte s’ouvrit sur la jeune fille, le sourire sur son charmant visage disparut ci-tôt qu’elle vit qui venait de sonner.
- Oui c’est p… Encore toi ?!
Elle allait refermer la porte lorsque le jeune homme l’empêcha d’une main et étant donné leur différence de musculature il n’eut aucun mal à le faire. De l’autre, il lui tendit sa carte.
- Tiens.
Elle fit les grands yeux en reconnaissant son badge. Elle arrêta d’essayer de fermer la porte pour prendre la carte entre ses doigts comme s’il s’agissait un cadeau.
- Oh, merci. Je le cherchais partout. Tu veux entrer et boire quelque ch…
Elle releva la tête et s’aperçut que le jeune homme… était déjà reparti. Elle courut sur l’allée pavée jusqu’au trottoir pour le voir s’éloigner vers le centre-ville. Elle cria aussi fort qu’elle pût.
- Tu aurais pu attendre que je finisse de parler ! Tu t’es pris pour qui au juste ?!
Il lui fit ce qui semblait être un doigt d’honneur de loin. Offusquée, elle tourna les talons et rentra chez elle, non sans l’insulter une dernière fois au passage. Du Ethan tout craché. Seule sa petite personne l’intéressait. Et les deux personnes qu’il s’apprêtait à rejoindre.

***
L’appartement se situait au troisième étage de la résidence du parc qui, comme son nom l’indiquait, se trouvait à côté du grand parc de Chantilly. En montant les marches, Ethan ne put empêcher ce curieux sentiment de l’envahir. Était-ce de la joie, de l’excitation, de l’appréhension ? Au troisième étage, il tourna à gauche et se dirigea vers la 2ème porte du couloir qui n’était pas fermée à clef. Il l’ouvrit, posa son sac dans l’entrée et se dirigea vers le salon où se trouvaient déjà deux personnes. L’une était le jeune homme croisé plus tôt dans la journée, en train de s’entraîner avec l’agent Silver. Il lui adressa un large sourire. L’autre était une brune au charme certain et au regard aussi sombre que celui d’Ethan.
- T’en as mis du temps vieux, avec Astrid on a cru que tu t’étais perdu en route !
Martin et Astrid. Son meilleur ami d’enfance et sa cousine. Ses seuls proches, les seules personnes à qui il faisait entièrement confiance. Les seules personnes qui pouvaient vraiment l’aider dans cette ville.
- J’ai eu un imprévu en route ça va tu vas pas en faire un plat. T’es arrivée quand Stridou ?
- Hier.
Toujours aussi bavarde celle-là. Elle était un peu comme une version féminine d’Ethan mais en pire, ce qui dépassait vraiment l’entendement. La relation entre les deux était comme des montagnes russes, tantôt affective, tantôt explosive. Ethan ne savait jamais comment se comporter en sa présence, elle était si… déconcertante. Elle s’avachit sur l’un des fauteuils bleus du salon, croisant les deux jambes au-dessus de l’accoudoir. Ses doigts se mirent à jouer avec une mèche de cheveux.
- J’ai commencé les recherches de mon côté, poursuivit-elle. Ça promet d’être long.
Ethan haussa les épaules. Il avait attendu ce jour pendant des années, des mois de travail au sein d’une agence secrète dirigée par une vielle tyrannique ne l’effrayaient pas. Sa détermination était sans faille. Il eut un rictus. Il vengerait ses parents. Coûte que coûte.
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par Phaelys
#532048
J'trouve ça très bien écrit, bien que quelques formules un peu trop familières des fois, & l'intrigue est super bien entretenue, j'ai envie de savoir la suite :c
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par Akaelyn
#532063
Quelles phrases trouves-tu trop familières ? Il y a aussi le fait que ça soit (légèrement) du point de vue d'Ethan ici, personne pour qui "putain" est devenu une ponctuation. Ça sera la même chose avec Blue par exemple (qui est très rustre, une vraie brute épaisse) mais pas pour d'autres personnages plus "polis"

Et mercé, la suite dimanche prochain & je publierai dans la semaine un focus sur un personnage o/
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par Phaelys
#532065
Hm, phrases de style "Ethan avait un peu la flemme [...]", mais effectivement, si c'est de son point de vue, ça paraît plutôt logique, oups. o/
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par Akaelyn
#532279
Bonsoir !

Voici les bonus de milieu de semaine, une (mini) présentation de quatre personnages parmi ceux déjà rencontrés (qui sont également les personnages principaux) avec un visuel en prime. Rdv dimanche soir pour la suite du récit avec le début du chapitre 2 o/
(Pour les curieux ces présentations ont été faites sur bloc note, avec html + css)

Note : Le début du récit est en août donc Red n'a pas encore 17 ans car son anniversaire est le 3 septembre (mais cela ne saurait tarder youhou).
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